Le 1er téléphérique urbain de La Réunion

Saint-Denis devrait prochainement devenir la première ville d’outre-mer équipée d’un téléphérique urbain dans les quartiers du Chaudron, Moufia et Bois de Nèfles. La CINOR est en effet rentrée dans le concret et ce projet majeur pourrait être mis en service d’ici 2019.

Le 1er téléphérique urbain de France a été inauguré en novembre 2016 à Brest dans le cadre de la promulgation de la loi relative à la transition énergétique, qui autorise l’installation d’un transport par câble aérien en zone urbaine. Saint-Denis pourrait lui « emboiter le pas » et devenir une des premières communes françaises équipées d’un téléphérique urbain. Le projet, porté par la CINOR (Communauté d’intercommunalités du Nord de La Réunion) entre dans sa dernière phase avant le lancement des travaux.

Innovant et adapté aux contraintes environnementales, le téléphérique est le mode de transport le plus sûr au monde et son coût d’infrastructure est inférieur à celui des autres modes de transports collectifs. Il présente par ailleurs l’avantage de consommer peu d’énergie. Le Grenelle de l’Environnement le qualifie de mode de « transport vertueux ». Ainsi en plus de s’affranchir des contraintes au sol, ce mode de transport est écologique (pas d’émission de gaz à et de serre) et économique. Son coût de réalisation est sensiblement plus faible qu’un bus ou un tramway lorsque le territoire concerné est marqué par d’importantes coupures urbaines ou par des obstacles physiques comme le relief.

Concilier déplacement et environnement

On ne peut que se réjouir de la concrétisation de ce projet qui entre parfaitement dans le développement nécessaire et souhaitable des transports alternatifs à La Réunion, et qui vise à concilier l’augmentation des déplacements et des modes de transports nécessaires avec le respect de l’environnement et la prise en compte d’un réseau routier déjà saturé. Le projet d’un téléphérique urbain constitue une des réponses à la perspective d’augmentation des déplacements en véhicules particuliers : Si rien n’est fait, la hausse prévue du trafic sur le territoire de la CINOR sera de 47% entre 2013 et 2023. Cela induirait une augmentation massive du bruit, de la pollution et des effets sur la santé, des pressions sur la faune et la flore, de la consommation d’espaces par des aménagements certainement réalisés en urgence.

Ce 1er téléphérique urbain à Saint-Denis vise à fluidifier et faciliter les transports dans les quartiers du Chaudron, du Moufia et de Bois-de-Nèfles qui vont continuer de se développer (construction d’un nouveau lycée à Bois-de-Nèfles, Université…), mais il sera aussi connecté au réseau de transport existant et tient compte du futur projet Réseau Régional de Transport Guidé (RRTG) de la Région et du projet de Réseau Intégré de Transport Moderne (RITMO) porté par la Ville de Saint-Denis. L’objectif est d’offrir des stations offrant une intermodalité optimale (desserte piétonne, accès au bus, accès en voiture, dépose minute, stationnement à proximité, parking pour vélo…) avec les autres modes de déplacement.

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Le téléphérique urbain de Saint-Denis  

La CINOR s’est particulièrement inspirée des téléphériques urbains de Barcelone et Medellin avec pour objectifs de concevoir un tracé qui dessert le maximum d’équipements et de population, de limiter le survol des zones d’habitation et de renforcer les centralités de quartiers.

Le tracé et les stations

Le parcours de 2,5 km permettra de relier le Chaudron au Bois de Nèfles (et inversement) en moins de 15 minutes, par cinquante cabines offrant 10 places assises chacune. A l’issue du bilan de la concertation publique, la CINOR a confirmé le choix d’un tracé optimisé avec 5 stations :

– Chaudron
– CROUS
– Moufia (bibliothèque)
– Bancoul
– Bois de Nèfles

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Le téléphérique devrait transporter environ 5000 personnes par jour, avec un débit potentiel de 1000 voyageurs par heure, et les stations seront entièrement accessibles aux Personnes à Mobilité Réduite.

Mise en service fin 2019

Après les différentes phases de préparation et la phase de concertation avec le public qui s’est tenue du 28 novembre 2016 au 23 février 2017, la prochaine étape qui s’étalera jusqu’à la fin de cette année sera consacrée aux appels d’offres pour la conception et la réalisation du téléphérique.

Débuteront ensuite les travaux qui devraient s’achever fin 2019. Le Téléphérique Urbain de la CINOR coûtera entre 42 à 45 millions d’euros, et 2 millions par an pour l’exploitation et la maintenance.

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Vidéo du tracé vue d’en haut

En Savoir + : Le téléphérique urbain de la CINOR

Le 1er téléphérique urbain de La Réunion