Histoire de La Réunion

La Réunion est riche d’une histoire de plus de cinq siècles. L’île devient française dès 1638 et intègre ensuite la Compagnie des Indes pendant un siècle. A partir de 1789, la période révolutionnaire aboutit par l’abolition tardive de l’esclavage. La Réunion reste une colonie et devient un département français en 1946. Elle connait depuis lors un développement fort mais aussi des bouleversements importants.

Chronologie et grandes dates de l’histoire réunionnaise

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1507 – 1789 : de la découverte de l’île à la Compagnie des Indes

Nommé par les portugais Santa Apolonia dès 1507, Pedro de Mascarenhas croise au large de l’archipel formé par La Réunion, l’île Maurice et Rodrigues et lui donne son nom, Mascareignes, en 1513. Avant cette période, seuls les Arabes et les Austronésiens (habitant l’Indonésie et la Malaisie d’aujourd’hui) connaissent l’Océan Indien. Les français débarquent une première fois sur sur l’île en 1638, et ils reprennent une seconde fois officiellement possession des îles Mascareignes au nom du roi de France en 1649, et rebaptisent alors l’île « Bourbon » du nom de la famille royale.

Blason-Réunion-compagnie-des-indesA partir de 1665, la Compagnie des Indes administre directement l’île Bourbon et la colonisation commence avec l’arrivée des premiers colons français accompagnés d’une main-d’œuvre malgache. L’administration crée les premiers quartiers, exploite les richesses et accorde les premières concessions. Saint-Denis voit le jour en 1667 et devient le chef-lieu à la place de Saint-Paul en 1738. A partir de 1715, la Compagnie des Indes orientales implante à La Réunion des plants de Moka, et ce développement s’accompagne d’un fort courant d’importation d’esclaves. En 1763, l’île compte 22 000 personnes, dont 18 000 esclaves. Après la faillite de la Compagnie des Indes en 1764, le roi rachète les Mascareignes. L’île connait alors une période économique très faste avec l’exportation des épices et du café, mais aussi de nombreux changements administratifs et judiciaires.

1789 – 1848 : De la révolution à l’abolition de l’esclavage

A partir de 1789, l’île connait une période difficile en contrecoups des guerres de la révolution et de l’empire. En 1794, l’île adopte le nom d’île de La Réunion, mais elle connait aussi à cette époque de graves pénuries alimentaires, et des catastrophes naturelles, qui précipitent l’abandon du café au profit de la canne à sucre qui connait une croissance importante. L’île Bourbon passe à cette époque successivement et brièvement sous le contrôle de Napoléon puis des britanniques, pour être rendue à la France en 1815. L’île refuse l’abolition de l’esclavage proclamée dès 1795, et plus de 45 000 esclaves sont introduits à Bourbon entre 1817 et 1831 pour faire face au fort besoin de main d’oeuvre nécessaire à la culture de la canne à sucre, qui va dorénavant marquer durablement l’histoire et la culture réunionnaise. En 1848, avec la proclamation de la République, l’île Bourbon redevient l’île de La Réunion, et le 20 décembre 1848, Sarda Garriga proclame l’abolition de l’esclavage à La Réunion. L’île comptait alors 60 000 esclaves. Cette date est aujourd’hui encore fêtée chaque année à La Réunion et est appelée la « fête cafre », ou « fêt kaf ».

Le Marronnage

L’histoire de l’esclavage à La Réunion n’a pas encore révélé tous ses secrets malgré les recherches récentes. Il existe en effet de vastes zones d’ombres que les chercheurs ont du mal à dissiper concernant l’arrivée des premiers hommes dans cette île. Pourtant dotée d’une administration coloniale qui a laissé des sources d’archives importantes bien conservées et accessibles, on a néanmoins l’impression que l’administration de l’époque et la population dominante ont fait l’impasse sur l’existence des esclaves qui représentaient pourtant entre 60 % et 80 % de la population totale au XVIIIè et XIXè siècle, se retrouvant devant un « silence historique » sur le marronnage à la Réunion.

Esclaves-marrons-reunionLes marrons, ces esclaves en fuite qui ont refusé le système servile en se réfugiant dans les montagnes de l’île dès le début de la colonisation, représentent encore un mystère pour les chercheurs de la Réunion. Le marronnage a été particulièrement actif au XVIIIè siècle après l’introduction massive d’esclaves entre 1715 et 1760 pour permettre la culture spéculative du café puis de la canne à sucre. Entre 1730 et 1770, le marronnage a connu un tel degré d’intensité qu’il a représenté un danger pour les colons français qui ont su s’organiser militairement et mener une véritable guérilla contre les noirs, en majorité des malgaches, qui refusent la servitude.

Mais qui sont ces esclaves ? Comment sont-ils logés ? Comment s’habillent-ils ? Comment vivent-ils ? Autant de questions auxquels il reste difficile de répondre. Les seuls rapports concernant les marrons ont été rédigés par les chasseurs de marrons organisés en « détachements » et devant se rendre « dans les bois à la queste des noirs marrons« . Par ailleurs, un des grands mystères du phénomène de l’esclavage à La Réunion réside dans la disparition des traces physiques engendrée par le système. La création du détachement pour la capture des noirs marrons fut mis en place par un règlement du Conseil supérieur de Bourbon en date du 26 juillet 1729, mais la chasse aux noirs marrons n’avait pas attendu les règlements royaux pour être pratiquée, et dès les débuts du XVIIIè siècle, les colons avaient mis en place des dispositions pour combattre les marrons. Tout blanc « en état de porter les armes » devait être inscrit « au rolle » de son quartier par le capitaine du quartier pour faire partie du détachement devant chasser les marrons, tandis que des primes et des esclaves furent accordés aux chasseurs pour augmenter l’émulation et récompenser les plus hardis.

Sur 784 marrons concernés par les statistiques des esclaves en fuite depuis plus de six mois, pour la période allant de 1725 à 1765, 438 seront capturés, 270 tués dans les bois, 26 morts au bloc ou à l’hôpital, et 50 mis à morts ! A l’échelle de la superficie du territoire de l’île et de sa population au XVIIIè siècle, le phénomène du marronnage ne peut être considéré comme un simple épisode de l’histoire…

« Les Marrons » : ce terme désigne les esclaves fugitifs, qui à La Réunion fuyaient notamment dans les Hauts de l’île, dont ils furent les premiers habitants.

1848 – aujourd’hui : De la colonie au département

La Réunion reste une colonie jusqu’en 1946, date à laquelle elle devient un département français d’outre-mer. Après l’âge d’or de la canne à sucre jusqu’en 1860, les réunionnais diversifient leur production agricole (café, girofle, vanille…) et introduisent de nouvelles cultures, notamment pour l’extraction des huiles essentielles (vétiver, ylang-ylang, géranium). Malgré ces efforts, l’économie du début du XXè siècle reste fragile. Le redressement amorcé vers 1920 fut interrompu par la seconde guerre mondiale, et la colonie souffre à cette époque d’une situation économique et sociale difficile. port-réunionLa loi du 19 mars 1946 transforme La Réunion en département français d’outre-mer, et l’île connait alors une accélération de son histoire et une rapide modernisation, particulièrement depuis les années 60 (éducation, santé, économie, démographie, logement…). Les bouleversements sociaux et économiques sont importants et la société coloniale laisse place à la société de consommation. En 50 ans, la population de La Réunion a triplé, et malgré un développement important, l’économie réunionnaise reste fragile, et accuse notamment un taux de chômage important.

L’île a connu une nouvelle accélération de son développement à partir des années 1990, avec notamment une augmentation importante du nombre de constructions, favorisée par des dispositifs fiscaux attractifs. Entre 1993 et 2007, La Réunion est de loin la région française qui a connu la croissance économique la plus rapide. Pour autant, le tissu productif reste fragile et fortement dépendant de la France métropolitaine, et l’île doit faire face à de nombreux enjeux en matière de développement économique et social, d’aménagement de son territoire ou encore d’environnement.

Roland Garros

Roland GarrosSi les métropolitains connaissent souvent mal Roland Garros qui est plutôt associé au complexe et tournoi de tennis du même nom, les réunionnais connaissent bien et célèbrent leur plus grand héros et représentant : statuts, noms de rues, lycée et bien sur l’aéroport international de Gillot portent son nom. Roland Eugène Adrien Georges Garros est né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis. Aviateur français, lieutenant pilote durant la première guerre mondiale, il meurt dans un combat aérien en 1918 à Vouziers dans les Ardennes. Roland Garros est notamment célèbre pour ses exploits en avion, et notamment la première traversée aérienne de la Méditerranée le 23 septembre 1913, mais aussi pour son génie aéronautique, en mettant notamment au point le premier système permettant de tirer à travers les hélices d’un avion de chasse.