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La Réunion est située sur la trajectoire probable des cyclones de la zone Sud de l’océan Indien, qui en compte une douzaine par an, mais dont la majorité se dissolvent en pleine mer sans avoir touché de zone habitée. Certains grands cyclones ont néanmoins fait des dégâts considérables sur l’île de La Réunion.

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Mécanique des cyclones dans l’Océan Indien

La naissance des cyclones dans l’océan Indien est la résultante d’un double phénomène mécanique lorsqu’une dépression est suffisamment importante : si la chaleur de l’océan (au moins 26°) lui apporte une réserve de vapeur d’eau suffisante, et que des vents contraires ne viennent pas ralentir sa croissance, les conditions sont réunies pour qu’un cyclone se forme. Cette conjonction de facteurs est somme toute assez rare, la zone Sud de l’océan Indien ne comptant qu’une douzaine de cyclones par an.

La plupart des perturbations tropicales qui concernent La Réunion naissent sur l’océan Indien entre 10° Sud et 15° Sud. Il existe 2 zones privilégiées de formation : le Sud-Ouest de l’archipel des Chagos, et la zone s’étendant du Nord de Saint-Brandon au Nord de Madagascar, dont les anciens estimaient qu’ils étaient les plus dangereux pour La Réunion. Les cyclones observent ensuite une trajectoire générale dictée par la rotation de la terre qui consiste à glisser des zones les plus chaudes proches de l’équateur où ils se sont formés, vers les mers plus froides dans lesquelles ils se dissiperont après une durée de vie qui n’excède pas 3 semaines en général. La trajectoire d’un cyclone reste pour autant fortement aléatoire.

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Les cyclones : des puissances colossales

Les cyclones sont des machines thermiques colossales dont la puissance développe l’énergie de plusieurs bombes atomiques. L’énorme masse de vapeur tournant sur elle même comme une toupie provoque des vents pouvant aller au delà de 300 km/h, et se déplace sur l’océan à une vitesse allant de 0 (un cyclone pouvant s’immobiliser quelques heures) à 25-30 km/h. Plus un cyclone se déplace vite et moins il est puissant, car le mouvement l’empêche de rassembler toutes les masses d’air humides possibles. Il est donc préférable de se trouver sur le « demi cercle maniable » d’un cyclone où la vitesse des vents s’affaiblit, plutôt que de l’autre côté où elle s’additionne. Pour l’hémisphère Sud, ce demi cercle est au Nord du cyclone.

Les cyclones peuvent faire différentes tailles, mais elles se situent en général entre 600 et 1500 km de diamètre, parfois plus, ce qui en fait des masses nuageuses énormes. Cependant, la surface d’un cyclone ne présage pas de sa puissance, et certains petits cyclones peuvent être extrêmement violents. Leurs épaisseurs est en revanche limitée car il n’y a pas assez de nuages et de chaleur en haute altitude (12-15 km maximum). Vue d’en haut, un cyclone peut se présenter comme un disque presque parfait. Un trou bleu en son centre constitue « l’oeil » du cyclone, et son diamètre permet de mesurer la vitesse des vents qui sont à ses abords les plus puissants.

Tableau de définition des cyclones (vitesse du vent)
Dépression tropicale entre 51 et 62 km/h
Tempête tropicale modéréeentre 63 et 88 km/h
Forte tempête tropicaleentre 89 et 117 km/h
Cyclone tropicalentre 118 et 165 km/h
Cyclone tropical intenseentre 166 et 212 km/h
Cyclone tropical très intensesupérieur à 212 km/h

Les cyclones à La Réunion

La Réunion a toujours connu des cyclones, mais l’observation des phénomènes ayant frappés l’île depuis qu’elle est habitée montre qu’ils ne sont finalement pas si nombreux, en tout cas pour les cyclones mémorables, et que l’amélioration de la qualité des constructions et des infrastructures a considérablement réduit le nombre des victimes et des pertes humaines.

C’est bien sur la météorologie naturelle qui décidera de la trajectoire d’un cyclone et de son passage au Nord ou au Sud de l’île, ou même en plein dessus. Cette trajectoire et le passage du cyclone aura une conséquence sur les directions des vents au fur et à mesure de son passage. De plus, le relief de l’île joue lui aussi un rôle important sur la diminution ou au contraire l’accélération du phénomène et des conditions dans certaines zones.

Quel Danger pour La Réunion ?

Les dangers du passage d’un cyclone à La Réunion sont de 3 ordres : le vent, la pluie et la houle. Et la encore, le relief de l’île peut accentuer ces dangers : le vent peut être accéléré par le relief, la pluie transformée en torrent dans les ravines, et la houle renforcée par les fortes pentes sous-marines et l’absence de plaque continentale.

Le vent : il peut dépasser 300 km/h près du centre du cyclone, et peut aussi changer de sens en fonction de sa trajectoire et de la position de l’oeil du cyclone par rapport à l’île. La force du vent peut occasionner des dégâts très importants sur la nature et les constructions, même si pour ces dernières, depuis que l’on bâtit « en dur », les dégâts sont moins importants. La nature n’a pas cette chance et peut être très affectée lors d’un passage de cyclone. Des vents à plus de 270 km/h ont déjà été enregistrés à La Réunion (Dina) et on estime ceux du cyclone de 1948 à plus de 300 km/h.

La pluie : c’est le danger le plus grave et qui fait le plus d’accidents et de victimes. La pluie abondante entraine des crues très brutales et très violentes des rivières et des ravines. Le ruissellement de la pluie peut aussi entrainer des glissements de terrain et autres chutes de pierres. Il faut être très prudent aux abords des rivières et radiers en cas de cyclone. Même s’il pleut relativement peu à La Réunion, l’île détient néanmoins tous les records mondiaux de pluviométrie allant de 12h à 15 jours, obtenus dans le cadre de différentes cyclones.

La houle : les houles cycloniques peuvent être extrêmement puissantes et en déferlant sur la côte, ces houles prennent de l’ampleur et se renforcent. Elles endommagent les installations portuaires, les constructions trop proches de la mer, et constituent un risque de ressac sur les bords de mer ou la route du littoral. Elles abîment et accélèrent également l’érosion des plages. La houle peut précéder le cyclone de plusieurs centaines de kilomètres.

En Savoir + : Suivi de l’activité cyclonique à La Réunion

Comment se préparer à un cyclone ?

En cas de cyclone, l’île et ses habitants peuvent subir de lourds dégâts, que ce soit concernant les infrastructures, les routes ou les habitations par exemple, mais aussi se trouver en situation d’isolement, d’inconfort, voire de difficultés (déplacements interdits, coupures eau, électricité, inondations…). Il faut donc se préparer à un cyclone et prendre certaines dispositions.

Dès le début de la saison cyclonique, il faut constituer et stocker une première base de produits divers et une réserve alimentaire de produits non périssables (pour 1 à 2 semaines). Il ne faut pas attendre le dernier moment pour le faire (ruée dans les magasins, plus de stocks…).

  • Energie : gaz (cuisson, lumière), alcool (lampes), lampes de poche, piles, bougies, allumettes…
  • Bricolage : rubans adhésifs, cordes, bâches, clous, outils…
  • Alimentaire : eau, lait, jus, café, céréales, biscottes, sucre, boites conserve, plats préparés…

Lors de la phase de pré-alerte cyclonique, il faut se préparer au passage de la dépression, vérifier et compléter vos réserves et préparer votre habitation.

  • Faire les derniers approvisionnements et compléter les réserves d’eau, faire le plein d’essence…
  • Préparer votre habitation : rentrer les objets que le vent peut emporter, protéger portes et fenêtres, renforcer toiture ou autres éléments…
  • En fonction des situations : vérifier le centre d’hébergement le plus proche, prévoir un repli…

En phase d’alerte orange, le passage du cyclone est annoncé sous 24h, les écoles ferment mais l’activité économique et les déplacements sont encore autorisés. Il faut terminer de se préparer.

  • Terminer les dernières réserves d’eau (baignoire, sceaux, récipients…)
  • Terminer la préparation de votre habitation : rentrer et fixer les objets pouvant s’envoler, calfeutrer et scotcher portes et fenêtres, rentrer les animaux, ranger les véhicules…

La phase d’alerte rouge est annoncée avec un préavis de 3 heures. Passé ce délai, la circulation et les déplacements sont interdits. Restez chez vous et attendez la fin de l’alerte rouge.

Après l’alerte rouge, le passage à la phase de sauvegarde indique que la menace cyclonique est écartée mais qu’il subsiste des dangers (notamment sur les routes : radiers…). Les écoles restent fermées mais l’activité économique peut reprendre. Attention à la qualité de l’eau.

Carte d’alerte et de suivi cyclonique à La Réunion

Les cyclones susceptibles de toucher les Mascareignes et La Réunion font l’objet d’un suivi très rigoureux du CMRS et de Météo France Réunion notamment. La population est donc régulièrement informée de l’évolution du phénomène et de ses dangers potentiels. Il existe 4 stades lorsqu’un cyclone est en approche : la pré-alerte cyclonique (menace potentielle), l’alerte orange (danger dans les 24h), l’alerte rouge (danger imminent) et la phase de sauvegarde (menace écartée mais il reste des dangers).

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Tableau des alertes cycloniques et consignes à la population

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→ Vigilance météorologique : Consulter les conseils de comportement

Les épisodes pluvio-orageux

Les épisodes pluviométrie-orageux interviennent généralement entre janvier et mars lorsque la Zone de Convergence Intertropicale (ZCIT) s’attarde sur la Réunion. Ils peuvent durer plusieurs jours et engendrer des lames d’eau conséquentes par accumulation. D’un point de vue strictement pluviométrique, ils n’ont rien à envier aux épisodes cycloniques.

Cyclones mémorables à La Réunion

La Réunion a connu depuis qu’elle est habitée plusieurs grands cyclones et évènements climatiques mémorables, dont certains destructeurs, mais les progrès technologiques et l’amélioration des constructions ont considérablement réduit le nombre des victimes et des pertes humaines. En 2014, le cyclone tropical intense Bejisa n’a fait « qu’une » victime et en 2002, le cyclone mémorable Dina ne fait aucune victime malgré les très nombreux dégâts. En 1989, le cyclone Firinga fait 7 morts. En 1980, le cyclone Hyacinthe fait 25 morts. En 1962, le cyclone Jenny fait 37 morts. Celui de 1948 a fait 165 morts.

La lame d’eau moyenne la plus élevée jamais enregistrée est de 2 478 mm en 12 jours (épisode exceptionnellement long) lors du cyclone Hyacinthe. Cette lame d’eau, ramenée à la superficie de La Réunion, représente un total d’environ 6,2 milliards de m3 (ou 6 200 milliards de litres d’eau). Sur des durées plus courtes, le record revient au cyclone Dina avec 656 mm sur 1 jour, et Clotilda avec 856 mm et 1079 mm sur 2 et 3 jours. De très violents cyclones ont frappé l’île de La Réunion avant 1960, rapportés par plusieurs récits et témoignages, mais on dispose de trop peu de données fiables.

Il convient également de distinguer les cyclones qui ont fait des dégâts considérables à cause de la pluviométrie et ses conséquences, des cyclones dits « de vent » dont les dégâts sont essentiellement lié à ce paramètre (Jenny, Florine, Hollanda). La plus forte rafale de vent enregistrée (avant que le capteur ne casse) est de 277 km/h lors du cyclone Dina en 2002. 234 km/h pour le cyclone Hollanda en 1994 et 223 km/h pour le cyclone Jenny. On estime que les vents du cyclones de 1948 ont dépassé les 300 km/h. En 2004, le cyclone tropical très intense Galifo qui est passé largement au Nord de La Réunion est un des plus puissants phénomènes jamais observés dans l’Océan Indien avec des vents estimés à près de 350 km/h. L’île de La Réunion a par chance échappé à ce cataclysme.

DateNomPhénomèneCumul - Lame d'eau
2015HalibaTempête tropicale520 mm / 4 jours
2014BejisaCyclone tropical intense528 mm / 3 jours
2007GamèdeCyclone tropical intense1176 mm / 4 jours
2006DiwaForte tempête tropicale995 mm / 6 jours
2002DinaCyclone tropical très intense928 mm / 3 jours
2001AndoCyclone tropical intense< 500 mm
2000ElineCyclone tropical intense< 500 mm
2000ConnieCyclone tropical intense< 500 mm
1999DavinaCyclone tropical intense556 mm / 6 jours
1998Fortes pluies  Episode pluvio-orageux825 mm / 7 jours
1994HollandaCyclone tropical très intense< 500 mm
1993Fortes pluies  Episode pluvio-orageux1118 mm / 7 jours
1993ColinaCyclone tropical< 500 mm
1989FiringaCyclone tropical intense631 mm / 3 jours
1987ClotildaCyclone tropical1284 mm / 7 jours
1986ErinestaCyclone tropical intense646 mm / 6 jours
1985GerimenaForte tempête tropicale756 mm / 6 jours
1985CelestinaForte tempête tropicale672 mm / 6 jours
1981FlorineCyclone tropical intense< 500 mm
1980HyacintheCyclone tropical2478 mm / 12 jours
1977FifiCyclone tropical656 mm / 4 jours
1977ClarenceCyclone tropical intense< 500 mm
1973LydieCyclone tropical intense655 mm / 4 jours
1970HermineCyclone tropical584 mm / 4 jours
1966DeniseCyclone tropical754 mm / 2 jours
1964GiselleCyclone tropical754 mm / 4 jours
1962JennyCyclone tropical très intenseNC
1948Cyclone tropical très intense. Un des plus violents jamais recensé. On estime les vents à plus de 300 km/h. 165 morts.
1945Un cyclone frappe La Réunion. 13 morts.
1932Un cyclone très violent frappe la côte Ouest. 90 morts.
1879Un cyclone fait 35 morts.
1858Un cyclone fait une cinquantaine de morts.
1806-1807Les grandes avalasses : une série de cyclones dévastateurs plongent l'île dans un profond marasme.
1733Un important cyclone frappe notamment la rade de Saint-Paul.
1656Premier cyclone rapporté par des « mutins de Madagascar » exilé sur l’île.

Pour aller plus loin :

• Météo France – Réunion
• Site des cyclones tropicaux dans le Sud-Ouest de l’océan Indien
(WMO)

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