Bilan des observatoires réunionnais 2018

L’AGORAH publie le bilan des observatoires réunionnais 2018. Un document remarquable pour mieux connaître La Réunion d’aujourd’hui et comprendre les évolutions de demain.

L’AGORAH, observatoire, centre d’expertises et d’analyses de l’aménagement de La Réunion est une agence d’urbanisme structurée pour étudier et anticiper les impacts des évolutions démographiques du territoire. La mission de l’AGORAH depuis plus de 25 ans consiste à collecter et à analyser des données qualitatives, quantitatives et réactualisées pour mieux connaître La Réunion, anticiper ses évolutions et ainsi bâtir le projet de territoire, celui d’aujourd’hui et celui de demain. Ainsi, l’agence recense toutes les données en lien avec l’aménagement et produit des études stratégiques et prospectives sur l’urbain, l’habitat et l’environnement.

L’agence pilote et anime notamment 10 observatoires sur tous les sujets essentiels pour le développement du territoire réunionnais : économie, environnement, transports, habitat… L’AGORAH a publié le 5 septembre 2018 le bilan 2018 des observatoires réunionnais.

Le bilan 2018 des observatoires réunionnais

L’observatoire des risques naturels (ORN) a pour objectif d’identifier et suivre les risques naturels à La Réunion, et de les intégrer aux politiques d’aménagement. Doté d’un fort dynamisme démographique, le territoire réunionnais voit sa vulnérabilité face aux risques naturels et aux impacts du changement climatique augmenter de par son caractère insulaire, son relief tourmenté et son climat tropical. Avec les cyclones, les éruptions volcaniques, les inondations, les mouvements de terrain, les séismes, les submersions marines et les feux de forêts, l’île est en effet confrontée à 7 aléas naturels considérés comme « majeurs » en raison de leur fort potentiel d’endommagement sur la sécurité des biens et des personnes.

ORN-Carte-risques-naturels

L’observatoire du foncier économique (OFE) a pour objectif d’identifier et de suivre la situation et les évolutions des zones économiques à La Réunion. La première zone d’activités économiques de La Réunion a été créée en 1963 sur la commune du Port. Depuis, de nombreuses zones se sont développées, d’abord en périphérie des principaux centres urbains (Le Port, Saint-Denis, Saint-Pierre), puis dans la majorité des zones littorales. En 2016, La Réunion compte au total 116 espaces économiques pour une surface de 1 470 hectares, dont :

  • 88 zones de production pour une surface 1 085 hectares
  • 14 zones commerciales pour une surface de 171 hectares
  • 14 zones de fait pour une surface de 213 hectares

Entre 2004 et 2016, 218 hectares supplémentaires ont été alloués aux zones d’activités économiques, ce qui constitue une progression importante, et la moitié d’entre-elles se sont concentrées dans le Sud de l’île.

Mais malgré cette progression importante, les zones économiques ne permettent pas toujours de satisfaire une demande croissante, et le foncier économique mobilisable reste limité, augmentant ainsi le nombre de zones dites « de fait ».

La diversification des solutions d’accueil des entreprises, une stratégie d’optimisation, la gestion et l’animation des ZAE apparaissent aujourd’hui être les axes de progression prioritaires afin d’adapter les ZAE au besoin des entreprises.

La question des transports et de la mobilité s’inscrivent au coeur des grands projets de territoire et constituent un enjeu fondamental pour La Réunion, que ce soit pour faire face à l’augmentation des flux de déplacements comme à la préservation de l’environnement et à la limitation de l’usage croissant de la voiture. Au cours des 20 dernières années, les investissements entrepris ont servi à améliorer et structurer considérablement le réseau routier au profit de la voiture individuelle. En parallèle malgré des efforts importants, l’utilisation des transports collectifs reste faible depuis 1995 et s’établit dans les déplacements domicile-travail à environ 5 % des déplacements, souffrant encore notamment d’un déficit d’image.

Tableau-comparaison-routes-réunion

Un Schéma Régional des Infrastructures et des Transports (SRIT) a été validé en 2015 et a pour objectif de définir les grandes orientations en matière d’infrastructures et de transports à l’horizon 2020-2030, notamment concernant le développement des transports alternatifs. Ainsi de nouvelles volontés de développement des modes doux ou guidés (TCSP, RRTG, téléphérique…) et visant à freiner l’accroissement constant de la voiture, devrait permettre d’améliorer la mobilité pour les réunionnais.

L’Observatoire des Transactions Immobilières et Foncières (OTIF) analyse notamment la situation du volume des ventes et des prix pour les maisons, les appartements et les terrains à bâtir à La Réunion, et leur évolution. Aujourd’hui, les données s’appuient sur le service « Demande de valeurs foncières » proposé par la DGFiP aux collectivités et et établissements publics locaux et leur permettant d’obtenir des données foncières relevant de leur périmètre géographique pour conduire leur politique foncière et d’aménagement.

L’OTIF 2017 sur les données de l’année 2016 donne en synthèse les résultats suivants :

OTIF-chiffres-clés-2017

Carte-flux-transactions-OTIF-2017

En savoir + : OTIF 2017

L’Observatoire des loyers privés (OLPR) a pour objectif d’apporter une connaissance des loyers pratiqués sur le parc locatif privé. L’observatoire porte actuellement sur les loyers privés hors charges (HC) fournis par 14 agences immobilières locales sur les territoires de la CINOR, du TCO et de la CIVIS. Ce territoire compte 221 000 ménages (71% des ménages réunionnais), et le parc locatif privé y représente 53 050 logements. L’analyse de ces loyers a permis d’obtenir des prix moyens au m² en fonction de différents critères (taille du logement, ancienneté d’emménagement, année de construction, …).

L’OLPR 2017 sur les données de l’année 2016 donne en synthèse les résultats suivants :

OLR-chriffres-clés-2016

OLR-détails-chiffres-2016

L’observatoire réunionnais de habitat indigne (ORHI) a pour objectif d’identifier et suivre la situation de l’habitat indigne à La Réunion, qui dispose dans son ensemble d’une part d’habitat indigne relativement importante, et paradoxalement en hausse. Sur les 3 EPCI et 17 communes suivies aujourd’hui par l’ORHI, 12 000 bâtis sont identifiés comme indignes, en progression globale d’un peu plus de 7% entre 2008 et 2016, mais avec d’importantes disparités. En effet, à la fois une part notable des constructions recensées en 2008 a été améliorée, démolie, ou elles ne sont plus affectées à du logement, mais parallèlement, de nouveaux bâtis semblent basculer dans l’indignité dans des proportions relativement importantes. Ainsi seules 3 communes sur 17 voient une diminution du nombre de bâtis indignes, à savoir Saint-Pierre, Saint-Benoît et Bras-Panon.

Carte-evolution-habitat-indigne-réunion

C’est l’ARS OI qui est chargée de recevoir les signalements et d’instruire les procédures de police administrative prévues par le Code de la santé publique, qui relèvent de la compétence du préfet.

L’observatoire des déchets (ORD) résulte d’un cadre réglementaire et a pour objectif de donner droit à l’information sur les effets pour l’environnement et la santé des opérations de production et de gestion des déchets. Les enjeux autour de la problématique des déchets ne cessent de croitre à La Réunion, notamment dus à l’augmentation de la population et de l’activité économique de l’île, mais également dus à un besoin de préservation de l’environnement.

En 2016, 526 109 tonnes de DMA (Déchets Ménagers et Assimilés) ont été collectés par le parc d’unités de pré-collecte, ainsi que par les 37 déchetteries de l’ile, soit environ 613 kg de DMA par habitant et par an. Les dispositifs de pré-collecte optimisés se répartissent de la manière suivante :

  • 665 609 bacs roulants de collecte, dont 46% réservés au tri sélectif, soit 306 516 bacs ;
  • 2 078 bornes d’apport volontaire de verre, soit 2,4 unités/1000 habitants ;
  • 78 119 bio-composteurs domestiques

En matière de traitement de ces déchets, 70% des DMA sont mis en enfouissement (369 366 tonnes en 2016), et 30% des DMA sont valorisés, voire recyclés.

Entre 2011 et 2016, on observe une évolution mesurée des tonnages de DMA collectés à La Réunion (-0,1%), mais ces chiffres doivent être mis en regard de l’augmentation démographique, de sorte que le ratio par habitant baisse sur cette période de 3,6%.

Les 3 autres groupes pilotés et animés par l’AGORAH sont les suivants :

  • La base permanente des POS et PLU : il s’agit de rendre les documents d’urbanisme accessible à tous (professionnels, administrations, citoyens…) ;
  • Le groupe étalement urbain : il s’agit de mesurer l’état de l’urbanisation et l’évolution de la tache urbaine ;
  • La plate-forme de l’échange géographique à La Réunion (PEIGEO) : il s’agit d’une plate-forme accessible à tous (www.peigeo.re) qui propose des données et un outil de visualisation cartographique.

Le bilan des observatoires de l’AGORAH offre également grâce au croisement des données plusieurs analyses sur des thématiques particulières :

  • SAR, étalement urbain et logements
  • Impact de l’urbanisation sur les espaces agricoles
  • L’effet Route des Tamarins sur l’étalement urbain
  • Habitat indigne et indivision
  • Indivision et POS / PLU
  • Disponibilité du foncier économique
  • Analyse haut/bas de l’activité économique
  • Analyse armature SAR et logements sociaux

Le détail de ces analyses spécifiques comme les analyses complètes des 7 observatoires de l’AGORAH sont accessibles sur le site de l’AGORAH et en téléchargement.

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Source : AGORAH