LE SEL DE LA RÉUNION : DÉCOUVREZ L’HISTOIRE DE L’OR BLANC

Son ananas Victoria, sa vanille, ses lentilles… La Réunion cultive aujourd’hui de nombreux produits péi pour le plus grand plaisir des voyageurs, mais surtout des locaux évidemment ! 

On n’y pense pas toujours, mais l’île intense produit également un ingrédient indispensable de la cuisine : le sel ! Pour cela, rendez-vous à La Pointe au Sel à Saint-Leu avec Clovis, notre éclaireur  avec l’Office de Tourisme de l’Ouest.

L’histoire de cet or blanc : c’est un nouveau zistoir de l’Ouest !

La Pointe au Sel à Saint-Leu, un spot incontournable dans l’Ouest de La Réunion

Si vous cherchez la seule et dernière exploitation de sel de La Réunion, c’est à la sortie de la ville de Saint-Leu, à la Pointe au Sel, qu’il faut se rendre. Cette bande de terre qui s’avance sur l’océan porte bien son nom ! Même si, et c’est Clovis, éclaireur et guide à l’Office de Tourisme de l’Ouest qui nous l’explique, le site ne s’est pas toujours appelé ainsi ! “Avant, la Pointe au Sel s’appelait la Pointe des Bretons ou de Bretagne. En effet, au début du XVIII siècle, des Bretons s’installent sur cette côte déchiqueté aux aires de Côte d’Armor. Le nom de Pointe de Bretagne est trouvé “.

Sur ce site classé au titre des monuments naturels, les visiteurs peuvent y découvrir encore aujourd’hui des bassins de salines, un Musée du Sel et profiter d’un panorama splendide sur l’océan. Quelques bassins s’y trouvent aussi pour celles et ceux qui voudront se rafraîchir. Lors des fortes houles, c’est LE spot pour venir observer les vagues géantes qui déferlent sur la roche basaltique. 

pointe au sel saint-leu la réunion

L’histoire du sel de La Réunion, une tradition lontan !

le musée du sel à saint-leu
production de sel la réunion

La production du sel à La Réunion, sur le plan artisanal, ne date pas d’hier ! Loin de là !  Clovis nous rappelle “Au XVIIIe siècle, il y avait une tradition d’aller chercher le sel et de le mettre à sécher dans ce qu’on appelle les Zampone. Ce sont des enveloppes de palmiste qui permettaient de faire sécher le sel tout en assurant une présentation commerciale du produit. Les clients privilégiés, à cette époque, sont les passagers du petit train qui traverse l’île. Ce sont surtout les marmailles du coin qui vont, durant ces années, vendre leur sel aux passagers.”.  Le site de la Pointe au Sel (à l’époque Pointe des Bretons) est connu surtout des habitants de l’Ouest de La Réunion. Ils sont nombreux à s’y rendre pour y recueillir le sel sur la roche basaltique les lendemains de tempête. 

À cette époque, on utilise surtout le sel pour conserver les aliments. C’est une denrée rare et précieuse. Rapidement, un industriel du nom de Dussac y voit une belle opportunité économique. C’est la construction des premières salines de La Réunion. 

La production de sel à La Réunion : un échec industriel 

Étienne Dussac est directeur de l’établissement sucrier de l’époque et de l’usine sucrière Stella Matutina. Persuadé que la production de sel à Saint-Leu représente de belles opportunités financières, c’est lui qui fait construire les premiers bassins salins de l’exploitation. Mais une problématique se pose rapidement. Clovis nous explique “Comme avec le Moulin Kader pour l’exploitation des Chokas, il faut ici aussi faire preuve d’ingéniosité pour produire localement. En effet, contrairement aux marais salants de Guérande par exemple, les immenses bassins de Saint-Leu sont situés au-dessus du niveau de l’eau. Il faut donc ramener de l’eau de mer dans le bassin de tête pour pouvoir, ensuite, remplir les autres bassins.”

Si les débuts de l’exploitation sont compliqués, un événement mondial majeur va provoquer un véritable boum de la production. En effet, La Réunion doit faire face à un embargo économique pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1942 à 1944. Plus aucun bateau ne vient alors sur l’île et les habitants doivent donc se débrouiller seul pour produire localement, le plus possible. La production s’élève à 250 tonnes par an. Des années fastes qui ne vont pas durer et face à la reprise du commerce mondial, notamment avec Madagascar, la production de sel à La Réunion s’effondre et ne redécollera jamais malgré les bonnes volontés des héritiers de Dussac. 

En 1980, le Conservatoire du littoral se porte acquéreur de la Pointe au Sel et de ses 16 hectares face, notamment, à une forte pression immobilière. 

production artisanale de sel à la réunion

Le sel de La Réunion, un trésor artisanal à découvrir 

Aujourd’hui classé réserve naturelle, le site est préservé et on continue d’y produire du sel !  En effet, en 1996, les salines reprennent vie sur 2 hectares. D’après le Conservatoire du Littoral, l’eau du site est particulièrement salée avec en moyenne 42 grammes par kilogrammes d’eau contre 37 en zone tempérée. La production y est artisanale et fait le bonheur des visiteurs et des locaux. Sur place, le Musée du Sel se tient dans une ancienne longère de séchage et de stockage. Le cadre bucolique et préservé en fait l’un des spots les plus appréciés de l’Ouest de La Réunion ! 

Clovis et Mathieu guides dans l'Ouest de La Réunion
Crédits : Office de Tourisme de l'Ouest

Clovis et Mathieu sont les Éclaireurs de l’Office de Tourisme de l’Ouest de La Réunion. Plus que des guides, ce binôme propose, chaque semaine, des balades et des randonnées uniques, des plages de La Réunion jusqu’au Cirque de Mafate mêlant humour, authenticité et expertise.